Près de 9 personnes sur 10 déclarent avoir déjà pensé à changer de métier afin de s’épanouir professionnellement. Les motivations sont multiples, mais tous ne franchissent pas le pas. Car pour avancer sereinement dans cette voie, il faut être clair avec ses motivations profondes, se préparer, se former, trouver le financement… Le portage salarial est particulièrement adapté à une reconversion professionnelle pour ceux qui choisissent l’indépendance. 

Pourquoi faire une reconversion professionnelle ?

 

L’expression « reconversion professionnelle » désigne la démarche entreprise pour changer de métier, de secteur d’activité ou de statut (de celui de salarié à celui d’indépendant par exemple). Les personnes qui l’envisagent ou qui franchissent le pas recherchent principalement l’épanouissement au travail à travers une activité qui leur correspond mieux, un rythme moins soutenu, une plus grande liberté, etc.

Pour quelles raisons se lancer dans une reconversion professionnelle ?

 

Chaque individu a ses objectifs de vie et les moteurs qui le poussent à donner le meilleur de lui-même et à avancer. Or, il arrive que la situation actuelle ne réponde plus à ses attentes et devienne un frein. Les motivations des travailleurs qui décident de changer de vie professionnelle sont variées.

  1. La recherche d’une activité en adéquation avec ses valeurs, qui a du sens, qui redonne du plaisir et la sensation d’être utile et non de travailler pour rien, ou l’envie de vivre de sa passion au lieu d’un métier choisi par défaut.
  2. Le souhait de se soustraire à un environnement stressant, voire anxiogène : ressentir une pression forte et constante, avoir des horaires de travail empêchant toute vie privée, être régulièrement en conflit avec ses collègues ou ses supérieurs, manquer de soutien de la hiérarchie, être en désaccord avec le style managérial, avoir une charge de travail trop importante alourdie par les réunions interminables…
  3. L’ennui profond à un poste qui ne correspond pas à ses compétences ou ses aspirations est source de démotivation, de perte d’estime de soi, voire de dépression. Changer de métier est vu comme une solution pour échapper à cette lassitude, de découvrir des activités stimulantes qui donnent envie de se dépasser.
  4. La recherche de meilleures conditions de travail : passer moins de temps dans les transports, avoir plus de temps pour soi, sa famille, ses activités extraprofessionnelles
  5. La nécessité de quitter un emploi qui génère des pathologies psychiques (burn-out) ou physiques (troubles musculo-squelettiques) ou qui n’est plus adapté à son état de santé.
  6. Le besoin de rebondir après une perte d’emploi (plan social, licenciement…)
  7. Les contraintes et changements de situation personnelle : mariage, divorce, naissance d’un enfant, déménagement pour suivre son conjoint en mutation professionnelle.
  8. La recherche d’un secteur qui recrute ou qui paie mieux, bien que l’argent ne constitue pas la motivation principale des actifs qui entreprennent une reconversion professionnelle. Leur objectif est davantage de donner un coup de pouce à leur carrière ou de s’ouvrir à d’autres horizons si leur secteur actuel commence à être saturé.
  9. Dans le même esprit, certaines personnes basculent dans un autre métier, simplement parce qu’une opportunité s’est présentée. La place grandissante des technologies crée une demande qui favorise l’émergence de nouveaux métiers. Les entreprises peuvent ainsi accepter des candidats au profil « atypique », mais qui possèdent un certain savoir-faire ou savoir-être, motivés et dont le projet professionnel est cohérent avec le poste à pourvoir.
  10. L’envie de liberté en se mettant à son compte : pas de patron, d’horaires fixes imposés, possibilité de choisir ses clients et ses missions, concilier vie privée et vie professionnelle.

Par où commencer pour faire une reconversion professionnelle ?

 

Se lancer dans une reconversion professionnelle nécessite de construire un projet professionnel avec des objectifs et un plan d’action clair. Voici les étapes clés à respecter pour faire de ses envies de changement une réalité.

Étape 1 : l’analyse personnelle pour une reconversion professionnelle

 

Changer de métier n’est pas une décision à prendre à la légère, car elle va impacter l’avenir de la personne, mais possiblement aussi celui de ses proches. Il faut donc se poser les bonnes questions concernant les inconvénients de sa situation actuelle, mais aussi sur ses envies, ses attentes. Les réponses sont essentielles pour choisir la meilleure réorientation professionnelle. Par exemple :

  • Pourquoi ai-je envie de me reconvertir ?
  • Quels sont les aspects importants d’un métier pour moi ? Quels sont les secteurs qui m’intéressent ?
  • Ai-je les savoirs nécessaires pour y parvenir ?
  • Suis-je prêt à aller au bout de mon projet, quelles que soient les difficultés ?
  • Mes proches sont-ils d’accord et disposés à me soutenir ?
  • Quelles sont mes sorties de secours en cas d’échec ?

Il est également important d’étudier le marché afin de s’assurer de l’existence d’opportunités d’emploi. Par exemple :

  • Est-ce que le secteur choisi recrute actuellement ?
  • Quels sont les métiers d’avenir et les entreprises à fort potentiel ?

Par la suite, l’enjeu sera de faire correspondre ses ambitions avec la réalité sur le marché. Bien évidemment, les questions ne sont pas exhaustives et elles sont à adapter à chacun.

Étape 2 : L’élaboration d’un plan d’action clair de reconversion professionnelle

 

Avant de changer de métier, une revue de son CV peut s’avérer nécessaire, suivie de la rédaction de lettres de motivation percutantes, la préparation des entretiens, en faisant le lien entre son parcours et sa démarche pour prouver que le projet de reconversion est pertinent et faisable.

Étape 3 : La réalisation d’un bilan de compétences

 

Le bilan de compétences est incontournable pour faire le point sur sa carrière, ses compétences, ses aspirations. Cet exercice exige de prendre du recul pour connaître ses atouts et ses compétences (techniques et personnelles), ses centres d’intérêt, son but. Un consultant mène le questionnaire et soumet le candidat à différents tests, puis l’aide à identifier les métiers ou secteurs qui correspondent à son profil et à ses aspirations. Pour chaque option, il expose les conditions d’accès (notamment les formations requises) et les facteurs de succès.

Le bilan de compétences se déroule en 24 h et est réalisé par des organismes tels que Pôle Emploi, Cap Emploi, Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA)… avec une prise en charge totale ou partielle via le Compte personnel de formation (CPF), le Fongecif ou le plan de développement des compétences. Il peut être complété par un test d’orientation.

À la fin de ce diagnostic approfondi, le travailleur devrait avoir quelques pistes de métiers susceptibles de lui convenir. Il reste à se renseigner auprès des acteurs de ce secteur, voire tenter une expérience de quelques jours pour découvrir la réalité du terrain et s’assurer de la cohérence d’un choix par rapport à un autre.

Étape 4 : La formation en reconversion professionnelle

 

Une fois le métier idéal connu, il est primordial de vérifier qu’on possède les compétences requises pour l’exercer. S’il existe un écart entre ses connaissances et aptitudes actuelles et celles qu’il faut pour être performant dans son futur job ou les besoins des entreprises, une ou plusieurs formations sont nécessaires.

Le Bilan de compétences en amont a normalement inclus une réflexion sur les formations à suivre :

  • le type : certifiante ou diplômante ;
  • la durée : courte ou longue ;
  • l’importance : obligatoire ou facultative ;
  • les modalités : à distance ou en présentiel.

Alternativement, il existe un service spécifique pour préparer son projet de formation : le Conseil en évolution professionnel (CEP).

Dès lors que les formations professionnelles sont connues, il faut prendre contact avec les organismes de formation agréés proposant les cursus souhaités. Des dispositifs sont prévus pour financer tout ou partie de ces formations. Enfin, pour rappel, il est possible de se former tout au long de sa vie active.

Étape 5 : Le démarrage de la reconversion professionnelle

 

Il est temps de contacter les premiers clients pour vendre ses services ou postuler auprès des entreprises ciblées.

Malgré tous les efforts déployés, il est possible que le projet de reconversion n’aboutisse pas. En se lançant, il faut se préparer à un éventuel échec et prévoir les solutions pour rebondir. La persévérance est l’un des piliers du succès.

Quel financement pour une reconversion professionnelle ?

 

L’État a créé plusieurs dispositifs et droits à la formation professionnelle pour lever le frein financier des Français désireux de se reconvertir. Ceux-ci s’inscrivent dans le cadre de la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » de 2019. Chacun devrait pouvoir trouver une réponse à ses besoins en fonction de sa situation professionnelle actuelle.

Financement de la reconversion professionnelle pour un salarié

 

  • Le salarié peut mobiliser son Compte Personnel de Formation (CPF), qui remplace le Droit Individuel à la Formation (DIF). Chaque année, il dispose d’un « crédit » correspondant aux droits capitalisés au cours de sa carrière. Il peut s’en servir pour réaliser un bilan de compétences ou une démarche de validation des acquis de l’expérience (VAE), suivre des formations certifiantes, diplômantes ou non.

 

  • Le congé de transition professionnelle (CTP), auparavant désigné par Congé Individuel de Formation (CIF), est très utile pour financer une formation qualifiante qui augmente ses chances de succès dans un nouveau métier.

 

  • Le plan de développement des compétences, qui s’est substitué au plan de formation en 2019 permet aux employeurs de faire évoluer leurs salariés à leur poste ou via un projet de reconversion. Pour cela, l’entreprise demande une prise en charge des actions de formation éligibles auprès des organismes agréés dont elle relève. Alternativement, les salariés peuvent solliciter les conseils et le financement du Fongecif.

 

  • Pour compléter le plan de développement des compétences de l’entreprise et le CPF, le salarié peut opter pour la promotion par alternance (Pro-A). Un parcours de formation individualisé est défini, avec une alternance de périodes de formation et d’activité professionnelle.

Financement de la reconversion professionnelle pour un demandeur d’emploi

 

  • Le demandeur d’emploi peut utiliser son CPF pour financer des actions de formation éligibles au dispositif.

 

  • L’Aide Individuelle à la Formation (AIF) abonde le CPF pour financer partiellement ou intégralement des cursus validés par Pôle Emploi. Ce dernier peut par ailleurs verser une rémunération de formation Pôle emploi (RFPE) d’un montant mensuel maximal de 652,02 € aux chômeurs non indemnisés. Les bénéficiaires de l’allocation de retour à l’emploi (ARE) en revanche conservent leur indemnité jusqu’à la fin de leur parcours.

 

  • L’Action de Formation Conventionnée (AFC) s’adresse à tous les demandeurs d’emploi, indemnisés ou non. En leur permettant d’acquérir diverses compétences (liées à leur métier, des langues étrangères, le permis de conduire, etc.), elle accélère le retour sur le marché du travail. Pendant cette période, les stagiaires peuvent prétendre à l’allocation d’aide au retour à l’emploi formation (AREF) ou à la Rémunération des Formations pôle Emploi (RFE).

Financement de la reconversion professionnelle pour un travailleur indépendant

 

Les travailleurs indépendants versent une Contribution à la Formation Professionnelle (CPF) auprès du Fonds d’Assurance Formation (FAF) dont ils relèvent. Ce dernier peut leur indiquer les dispositifs existants avec les budgets correspondants, ainsi que les critères d’octroi.

Des aides sous différentes formes existent par ailleurs pour les porteurs de projets de création ou de reprise d’une entreprise : soutien financier, mise à disposition de locaux et de matériel, conseils et accompagnement par des experts…

Quelle vision de reconversion professionnelle avoir ?

 

La partie consacrée aux motivations à la reconversion professionnelle montre qu’une telle démarche est déclenchée par deux objectifs.

Devenir consultant indépendant

En décident de se lancer en tant qu’indépendant, cela permet de :

  • vivre de sa passion,
  • accomplir quelque chose par soi-même,
  • être autonome et travailler à son rythme,
  • concrétiser un projet qui rend fier,
  • passer du salariat à l’entrepreneuriat ou inversement,
  • partager son expertise en devenant formateur.

Donner une nouvelle dimension à sa carrière

Donner un coup de pouce à sa carrière ou lui donner une nouvelle trajectoire permet d’ouvrir de nouveaux horizons professionnels en :

  • acquérant de nouvelles compétences pour trouver un métier mieux adapté à ses aspirations,
  • assumant des responsabilités supplémentaires,
  • encadrant une équipe,
  • s’imposant comme un véritable expert dans son domaine.

Après une réflexion personnelle qui permet de définir la source de sa motivation, ainsi que l’activité professionnelle appropriée, il convient de choisir judicieusement le statut sous lequel l’exercer.

Pourquoi le portage salarial comme reconversion professionnelle ?

 

Le portage salarial s’impose comme la solution idéale pour les actifs salariés ou non qui envisagent une reconversion professionnelle en jouissant d’une plus grande liberté. Combinant les avantages de l’entrepreneuriat et du salariat, ce mode de travail s’adresse aux personnes qui possèdent une expertise et une expérience solides et qui souhaitent exercer leur activité de manière totalement autonome.

Les atouts du travail en tant qu’indépendant en portage salarial

 

Le consultant choisit un secteur qui répond davantage à ses aspirations, qui « a du sens » pour lui, même si ce domaine n’a pas de continuité avec son parcours passé, ou n’a pas de lien direct avec ses diplômes. De plus, il décide librement avec quels clients il souhaite travailler, et sur quels types de missions. Il est par conséquent plus motivé.

Il discute directement avec chaque client des modalités d’accomplissement de la mission (sur le site de l’entreprise, à son domicile ou dans un tiers-lieux) et organise ses journées à sa guise. Il lui est par conséquent plus facile de préserver l’équilibre entre sa carrière et sa vie personnelle et familiale.

Même s’il signe un contrat de travail avec la société de portage salarial, il n’a pas de supérieur hiérarchique au sein de cette structure. Cela signifie qu’il mène ses missions comme il l’entend, avec la possibilité d’apporter des innovations, d’essayer différentes solutions, etc.

Les avantages du statut de salarié en portage salarial

Avec le portage salarial, il évite les formalités chronophages et contraignantes liées à la création et à la gestion au quotidien d’une entreprise. En effet, la société « porteuse » s’occupe de toutes les obligations administratives, comptables et fiscales. Elle facture les clients, assure le recouvrement, calcule, prélève et verse l’impôt sur le revenu ainsi que les cotisations sociales pour chaque salarié porté aux instances concernées…

Ce dernier perçoit ses honoraires sous la forme d’un salaire mensuel après les différentes déductions et dispose d’un bulletin de paie qui lui permet par exemple de souscrire un emprunt bancaire. Même si ses revenus peuvent être irréguliers au gré de ses missions, ce système est plus sécurisant sur le plan financier.

Comme tout salarié, il a droit à une protection sociale étendue : assurance maladie, complémentaire santé de l’entreprise, retraite, allocations chômage. D’ailleurs, sous certaines conditions, il est possible de cumuler l’activité en portage et les droits au chômage. Il est également couvert par l’assurance responsabilité civile professionnelle de la société de portage salarial.