Sur fond de crise sanitaire, les préjudices liés aux fraudes au sein des Caisses d’allocations familiales (CAF) sont de plus en plus importants, alors même que le nombre d’infractions régresse. Plus que jamais, les CAF sont sur le pied de guerre pour lutter contre ce fléau. Les contrôles s’intensifient afin de prévenir et de détecter les pratiques malhonnêtes.


graphique sur la fraude

Les fraudeurs font preuve de beaucoup d’ingéniosité

Selon les chiffres dévoilés par les CAF, le nombre de fraudes aux allocations et services sociaux a reculé en 2020 par rapport à l’année précédente. Par contre, les préjudices subis ont été plus conséquents.

L’an dernier, sur 36 917 litiges répertoriés, les CAF ont perdu jusqu’à 255,5 millions d’euros. Certes, ce chiffre est inférieur à son niveau enregistré en 2019 (323,7 millions d’euros). Toutefois, cette année-là, 48 754 cas ont été recensés.

Ceci démontre que même s’ils sont moins nombreux, les fraudeurs sont de plus en plus efficaces. Certains mécanismes de fraude sont tellement bien rodés que même si les CAF sont au courant de leur existence, ils sont souvent incapables de les anticiper ni de s’en protéger.

Au fil du temps, les fraudeurs ont gagné en ingéniosité et certains nouveaux procédés sont désormais dix fois plus préjudiciables.

Intensification des contrôles

Les CAF ne restent pas les bras croisés face à cette recrudescence de ces fraudes aux prestations sociales. Les contrôles sont devenus plus fréquents et plus poussés, notamment auprès des autoentrepreneurs.

À l’image de la vaste opération menée du côté du département Tarn-et-Garonne qui a conduit à 8 condamnations (23 cas litigieux constatés), les CAF ont elles aussi amélioré leur méthode d’investigation.

Elles ont passé au crible les plateformes et les sites internet, puis procédé au recoupement des informations récoltées avec les données de l’administration fiscale et de la gendarmerie.

Les bénéficiaires du RSA, nouvelle cible des fraudeurs

En outre, la lutte contre les fraudes aux allocations a donné lieu à un constat alarmant : les fraudeurs s’attaquent fréquemment aux bénéficiaires du RSA, autrement dit à ceux qui sont déjà sans ressources.

D’après les chiffres dévoilés, 46,4 % des cas de fraudes en 2020 ont ciblé des bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active. Les bénéficiaires de la prime d’activité, lesquels représentent 20,4 % des cas, sont également devenus une proie privilégiée des fraudeurs.