Portage salarial et portage commercial sont souvent confondus à tort. Ces deux formes de travail fréquemment choisies par les indépendants présentent pourtant des différences présentées dans ce guide.

Qu’est-ce que le portage salarial ?

Le portage salarial représente une forme d’emploi hybride combinant entrepreneuriat et salariat. Le freelance signe un contrat de travail à durée indéterminée ou déterminée avec une entreprise de portage salarial (EPS). Il est couvert par la sécurité sociale au régime général, est affilié à la complémentaire santé collective de la société de portage, cotise pour la retraite et l’assurance chômage, cela en payant les cotisations correspondantes.

La société de portage lui verse un salaire après déduction des différents frais sur le chiffre d’affaires réalisé sur le mois écoulé, et lui remet un bulletin de paie. En moyenne, le salaire net perçu par l’indépendant porté représente entre 45 % et 60 % du montant des honoraires facturés hors taxes. Le taux des frais de gestion se situe généralement entre 5 % et 15 % du CA HT.

L’EPS se charge de toutes les tâches administratives : contrats, facturation, recouvrement, devis, déclarations sociales et fiscales… Le consultant trouve lui-même ses clients et négocie les termes et conditions de ses missions (durée, planning, tarif, etc.).

Qu’est-ce que le portage commercial ?

La plupart des grands groupes ont des prestataires qu’ils ne peuvent pas tous référencer. Souvent, le référencement est réservé aux cabinets de conseil de grande envergure, aux sociétés proposant des services très pointus, ainsi qu’à des sociétés de portage commercial chargées de gérer les collaborateurs externes. Cette stratégie évite à la direction des achats des démarches de référencement longues et chronophages pour de petits projets ponctuels.

Pour les freelances ou les Entreprises des services du numérique (ESN) qui souhaitent décrocher des missions auprès de grands comptes, le portage commercial représente la solution idéale. Le prestataire (indépendant ou ESN) et l’entreprise signent un contrat de portage commercial avec une société intermédiaire référencée qui « porte » le freelance ou l’ESN. Celle-ci se charge de la contractualisation, du devoir de vigilance fiscal et social pour chaque prestataire qu’elle accepte de « porter » et de la facturation.

Quelles différences entre portage commercial et portage salarial ?

Avec le portage commercial comme le portage salarial, le freelance est totalement autonome dans le choix de ses missions et de la gestion de son temps. Il exerce en son nom propre et n’a de compte à rendre qu’à ses clients. L’entreprise de portage salarial, tout comme l’intermédiaire en portage commercial, intervient sur le plan contractuel et pour les tâches administratives, et est rémunérée à la hauteur des services rendus.

Toutes, ces deux formes de portage présentent des différences sur au moins trois plans.

Sur le plan juridique et social

Le consultant qui choisit le portage salarial signe un contrat de travail. Il obtient le statut de salarié, ce qui lui permet de bénéficier des mêmes avantages sociaux qu’un salarié d’entreprise classique.

En portage commercial, le freelance doit choisir un statut juridique (incluant le portage salarial) et est contraint d’effectuer les démarches de création et d’immatriculation de sa propre structure légale. Sur le plan social, il peut relever du régime général s’il a le statut d’assimilé salarié, ou du régime des travailleurs non-salariés avec une couverture moins étendue que le salarié.

Sur le plan commercial

Le principal inconvénient du portage salarial est que la société de portage n’est pas tenue de lui trouver des missions, même si elle peut lui fournir une assistance (rédaction d’une offre de services). Le freelance doit ainsi consacrer du temps à la prospection afin d’assurer la continuité de son activité, et percevoir des revenus réguliers et suffisants pour couvrir ses charges.

Dans le cadre du portage commercial, avoir un partenaire déjà référencé pour conclure un contrat de prestations permet de contourner la contrainte du référencement. De plus, l’intermédiaire valorise le profil de ses consultants « portés » auprès d’un large réseau d’entreprises partenaires. Il a ainsi accès à de potentiels clients, notamment les grands groupes, habituellement hors d’atteinte.

Conclusion

En résumé, le consultant qui possède une solide expertise ou des compétences rares, et qui peut trouver des missions répondant à ses attentes, a intérêt à opter pour le portage salarial afin de profiter d’un statut juridique sécurisant tout en restant libre. De son côté, le freelance désireux d’étendre son réseau professionnel et de travailler avec de grands groupes ou des multinationales se fera plutôt référencer par une société de portage commercial.

Dans tous les cas, les entreprises apprécient ces systèmes sécuritaires sur le plan juridique, leur évitant d’éventuelles poursuites pour salariat déguisé avec un risque de requalification en contrat de travail du contrat de prestation de services. À condition de fournir des prestations de qualité et de soigner ses relations avec ces derniers, le freelance qui fonctionne en portage commercial ou en portage salarial a de bonnes chances de décrocher des missions intéressantes.