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Entre 2018 et 2024, le nombre de salariés portés est passé de 32 800 à 120 000, soit une progression de 266 %. Depuis 2022, ce chiffre aurait progressé de 12 % selon l’OPPS (Observatoire Paritaire du Portage Salarial), alors que plus de 518 EPS (Entreprises de Portage Salarial) sont actives dans l’Hexagone. La tendance est nette : le portage salarial s’installe dans le paysage du travail français, avec un chiffre d’affaires annuel s’élevant à plus de 2 milliards d’euros.
Cette croissance traduit une mutation profonde du marché de l’emploi. Depuis l’épidémie de COVID-19, les entreprises arbitrent entre recrutements permanents, sollicitations de cabinets de conseil et recours à un consultant indépendant. Elles réclament des compétences immédiatement mobilisables, tout en maîtrisant leurs coûts et en maintenant une capacité d’exécution rapide.
En 2026, le consulting indépendant devient donc un sujet stratégique sur le marché du travail. Pour profiter de cet engouement, la question n’est plus seulement de quitter ou non le salariat, mais de choisir le bon statut pour exercer une activité autonome sans fragiliser sa sécurité professionnelle. ITG vous guide.
Les entreprises recrutent différemment
Les tendances de fond sur le marché du travail
Si les entreprises françaises ne renoncent pas au recrutement, elles adoptent des stratégies différentes. L’Apec (Association pour l’emploi des cadres) prévoit 305 800 recrutements de cadres en 2026, soit une reprise de 4 %, après quelques années prudentes. Cette hausse reste sélective : les fonctions informatiques, recherche et développement, commerciales et marketing concentreraient plus de la moitié des embauches attendues.
Face à cette diminution des embauches, l’expertise externe prend une place croissante. En cas de besoin urgent, spécialisé ou limité dans le temps, les entreprises préfèrent se tourner vers un freelance senior plutôt que de créer un poste, ce qui leur permet de mener leurs projets à bien sans augmenter la masse salariale et les coûts sur le long terme.
La gestion de projet, la transformation digitale et le management de transition illustrent également cette évolution. Selon Syntec Conseil, le marché du conseil représente environ 20 millions de chiffre d’affaires annuel en France. Une direction d’entreprise peut ainsi faire appel à un Data Scientist pour structurer la gouvernance des données, à un manager de transition pour stabiliser l’activité après un rachat ou à un consultant RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) pour préparer une mise en conformité CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive).
Des secteurs prospères malgré un contexte incertain
Les secteurs les plus concernés par cette externalisation des compétences sont l’IT, la cybersécurité, la finance, les RH (Ressources Humaines), la supply chain, la RSE et le marketing digital.
Le ralentissement économique actuel n’entrave pas le besoin d’accompagnement, notamment sur les sujets relatifs à l’intelligence artificielle et à la conduite du changement. Même face à l’incertitude, les clients continuent d’investir dans les compétences rares. S’ils réduisent parfois les embauches, ils maintiennent les missions externes lorsque l’impact métier est important.
Les directions achats et les services RH professionnalisent leur recours aux externes. Ils recherchent des professionnels capables d’apporter une méthode éprouvée, des livrables de qualité, une grande traçabilité et une posture de conseil. Un consultant indépendant sachant formaliser son offre, prouver ses résultats et parler le langage métier gagne donc en crédibilité face aux cabinets traditionnels.
Le profil du consultant indépendant en 2026
Des métiers de plus en plus diversifiés
Le profil type du salarié porté ou du consultant indépendant n’est plus celui du cadre en fin de parcours. Selon le Rapport de branche 2025 de l’OPPS, l’âge moyen du salarié porté est de 45,2 ans. 57 % des consultants portés résident en dehors de l’Île-de-France et 67 % exercent en CDI (Contrat à Durée Indéterminée), statut qui représente désormais 2/3 des contrats de portage salarial.
Les métiers se diversifient, au-delà du consulting IT, de la conduite du changement et du management de transition : les experts en marketing, communication, RH ou RSE sont aujourd’hui nombreux parmi les consultants portés. Si les prestations informatiques restent en tête des domaines exercés en portage salarial, cette évolution suit la demande des entreprises. Elles recherchent des professionnels capables de livrer rapidement des recommandations activables dans tous les domaines, mais aussi de comprendre les enjeux business.
L’importance de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle
La génération des 35-45 ans accélère également ces mutations. Ces actifs ont connu le salariat, puis le télétravail au sortir de l’épidémie de COVID-19. 3 salariés portés sur 4 relèvent ainsi de la classification senior. S’ils ne rejettent pas le salariat et la sécurité qu’il apporte, ils souhaitent se détacher des contraintes d’un emploi trop rigide.
Le consulting indépendant leur offre une autre relation au travail. Il leur permet de choisir leurs missions, de fixer leur TJM (Taux Journalier Moyen) et d’organiser leur vie professionnelle en toute liberté, tout en bénéficiant du réseau solide développé lors de leurs premières années de carrière.
Au-delà du salaire, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle devient un critère clé. Seuls 26 % des salariés portés ont gagné plus de 40 000 € en 2025 : l’autonomie offerte par la maîtrise du temps, de l’offre et du positionnement prime sur les perspectives de revenus.
Pourquoi le portage salarial s’impose-t-il comme statut de référence ?
La diversité des statuts en France
En France, le statut de consultant indépendant recouvre plusieurs réalités : micro-entreprise, SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle), EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), entreprise individuelle ou portage salarial.
Si la micro-entreprise permet un démarrage rapide, elle reste limitée par les plafonds de chiffre d’affaires et par une protection sociale amoindrie. La SASU et l’EURL confèrent quant à elles une vraie structure et une image attractive auprès des grands comptes, mais imposent une gestion comptable, juridique et administrative lourde.
Le portage salarial occupe une place particulière. Il permet à un expert de travailler comme indépendant tout en bénéficiant du statut de salarié. Il choisit ses missions, négocie son TJM, développe son activité commerciale et conserve son autonomie. L’EPS transforme ensuite son chiffre d’affaires en salaire, gère la facturation, les cotisations et le cadre contractuel avec l’entreprise cliente.
Des avantages renforcés
Ce modèle de travail hybride est adapté aux professionnels souhaitant rester indépendants sans renoncer aux protections offertes par le salariat.
Cette alliance entre autonomie et sécurité répond à plusieurs enjeux. D’abord, l’apport d’une protection sociale complète : retraite, mutuelle, prévoyance et assurance chômage sous conditions. Cette stabilité permet aux consultants d’accéder plus facilement à des crédits immobiliers, lorsqu’ils ont opté pour un CDI. Enfin, ils disposent d’une plus grande crédibilité vis-à-vis des grands comptes, qui apprécient ce cadre juridique clair.
Le cadre légal s’est aussi renforcé. La convention collective IDCC 3219, adoptée en 2017, fixe les règles spécifiques au portage, notamment concernant la rémunération minimale, le compte d’activité et les obligations des EPS.
En 2026, les sociétés de portage se digitalisent. Elles proposent de nouvelles plateformes de gestion, des logiciels de reporting et d’aide au pilotage et des solutions IA (Intelligence Artificielle) aux consultants portés. Grâce à ces outils numériques, le salarié gagne un temps précieux et peut concentrer son énergie sur son expertise, sa stratégie commerciale et la relation avec son client.
Un cadre adapté aux consultants expérimentés
Ce modèle s’adresse particulièrement aux consultants disposant de quelques années d’expérience, qui leur confèrent une capacité à vendre leurs services et un réseau professionnel activable. Ce statut suppose de savoir définir son offre, cadrer précisément le périmètre d’une mission, négocier son TJM et maintenir un nombre de prestations suffisant dans la durée.
Pour un cadre qui quitte un poste salarié, l’étape de préparation est essentielle. Avant de se lancer, il est crucial d’évaluer son positionnement, son marché cible, le niveau de salaire attendu et la capacité à transformer son expérience en prestation de conseil.
L’accompagnement offert par la société de portage aide le consultant porté à effectuer cette transition vers l’indépendance, en lui apportant des conseils en négociation, une offre de formation et un cadre sécurisant, sans gestion administrative chronophage.
Les secteurs et les profils les plus demandés en 2026
Le management de transition
Le premier secteur porteur est le management de transition, avec des TJM qui se situent entre 600 € et 1 600 €. Les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) et les grands groupes ont besoin de managers opérationnels pour mener des réorganisations, piloter une transformation digitale ou remplacer temporairement un poste clé.
L’IT et la cybersécurité
L’IT et la cybersécurité sont également au cœur de la demande, avec des tarifs journaliers compris entre 350 € et 950 €. L’Apec anticipe une reprise des recrutements de cadres dans l’informatique en 2026, tandis que les études sectorielles soulignent les tensions sur les sujets liés à la data, au cloud, à l’IA et à la sécurité informatique. Pour les freelances experts, cette pénurie de compétences entretient des TJM élevés, en particulier pour les profils seniors.
Le marketing et la communication digitale
Le marché du marketing et de la communication digitale se transforme également. Les entreprises recherchent des profils capables de piloter l’acquisition, le CRM (Customer Relationship Management), la création de contenu, l’automatisation et le recours aux LLM (Large Language Models). Dans ce secteur, les missions sont courtes, mais très spécialisées. Un consultant marketing senior peut ainsi intervenir pour la création d’une stratégie de lancement ou la refonte d’un tunnel de conversion, avec un TJM compris entre 600 € et 1 000 €.
La finance et le contrôle de gestion
La finance et le contrôle de gestion constituent un autre domaine favorable au portage salarial. Les directions financières externalisent les fonctions supports en faisant appel à des DAF (Directeurs Administratifs et Financiers) Part-Time et à des contrôleurs de gestion indépendants.
La RSE
Enfin, la RSE devient un secteur clé pour les salariés portés, avec des tarifs journaliers allant de 400 € à 1 150 €. CSRD, décarbonation, achats responsables, reporting extra-financier : les entreprises doivent assurer rapidement leur conformité, sans disposer de ressources internes suffisantes. Un consultant indépendant leur apporte méthode, connaissance juridique approfondie et accompagnement terrain.
En 2026, le consulting indépendant a le vent en poupe. Besoins d’expertise, tensions en matière de recrutement, transformation des organisations et recherche de flexibilité s’associent pour favoriser son essor. Le portage salarial propose un cadre solide pour saisir cette opportunité sans renoncer à la sécurité du salariat.
Pour aller plus loin, notre simulateur de revenus vous permet d’estimer votre salaire net selon votre chiffre d’affaires. Nombre de jours facturés, TJM, montant des frais professionnels : avec ces quelques informations, vous déterminez rapidement s’il est temps pour vous de vous lancer en portage salarial !
