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Publié le 15 juillet 2022

Le portage salarial permet d’exercer une activité en toute autonomie tout en bénéficiant du statut de salarié. L’accès à ce statut implique la signature d’un contrat de travail avec une société de portage. Ce contrat peut être à durée indéterminée (CDI) ou déterminée (CDD). Ce dernier est particulièrement adapté pour une mission de quelques mois. 



Comment fonctionne le CDD en portage salarial ?

Le CDD en portage salarial est idéal pour une mission ponctuelle à accomplir sur une période bien définie. Il est notamment à privilégier dans le cas d’une alternance de prestations en portage salarial avec des contrats de travail classiques en entreprise. De plus, le CDD est apprécié pour sa flexibilité : il suffit de signer un avenant en cas de prolongement de la mission en cours ou d’enchainement d’une mission avec un autre client. Il est par ailleurs transformable à tout moment en CDI, sans perdre l’ancienneté acquise au titre du CDD.

Durée du CDD

Le terme du CDD doit être précisé dès sa conclusion, pour une durée ne pouvant excéder 18 mois, incluant un éventuel renouvellement (hors dérogation autorisant un report de 3 mois tout au plus). Toutefois, lorsqu’il n’est pas possible de définir un terme exact, il est nécessaire de spécifier une durée minimale.

Il revient au consultant d’estimer correctement le temps dont il a besoin pour réaliser la mission, en tenant compte des jours supplémentaires nécessaires à la correction d’un livrable par exemple.

​Forme et contenu du CDD

Le contrat de travail en CDD doit comporter la mention : « contrat de travail en portage salarial à durée déterminée ».

Il doit également contenir les éléments et clauses précisant la relation entre le salarié porté et la société de portage. Et les informations suivantes le distinguent d’un CDD classique :

  • la durĂ©e ou la date du terme et, au besoin, une clause de renouvellement ;
  • la durĂ©e de la pĂ©riode d’essai s’il y a lieu ;
  • le descriptif des qualifications, compĂ©tences et domaines d’expertise du salariĂ© porté ;
  • les modalitĂ©s de calcul et de versement du salaire, de l’indemnitĂ© d’apporteur d’affaires, des cotisations sociales et fiscales obligatoires, des frais de gestion, des Ă©ventuels frais professionnels ;
  • le cas Ă©chĂ©ant, le mode de dĂ©duction des frais professionnels ;
  • les conditions d’acquisition, de prise et de paiement des congĂ©s payĂ©s, dans le respect des dispositions des articles L. 3141-1 et suivants ;
  • la frĂ©quence de la remise de comptes rendus d’activitĂ© par le collaborateur porté ;
  • l’identitĂ© et les coordonnĂ©es de la caisse de retraite complĂ©mentaire et de l’organisme de prĂ©voyance dont dĂ©pend l’entreprise de portage salarial ;
  • le numĂ©ro de la police d’assurance et l’identitĂ© de la compagnie qui fournit la garantie responsabilitĂ© civile souscrite par la sociĂ©tĂ© de portage pour le compte du salariĂ© portĂ©. Celle-ci couvre les Ă©ventuels dommages causĂ©s par ce dernier au sein de l’entreprise cliente pendant l’exĂ©cution de la prestation ;
  • le nom et les coordonnĂ©es du garant financier de la sociĂ©tĂ© de portage salarial.

Sont également nécessaires les informations portant spécifiquement sur la prestation de service en portage salarial :

  • la raison sociale et l’adresse de l’entreprise cliente ;
  • la nature de la prestation ;
  • la durĂ©e exacte de la mission ou la durĂ©e minimale lorsque le terme de sa rĂ©alisation est incertain. La nature de l’évĂ©nement ou du rĂ©sultat qui dĂ©termine la fin de la relation ;
  • le dĂ©tail de la rĂ©munĂ©ration du consultant ;
  • si applicable, la description des Ă©quipements de protection individuelle mis Ă  la disposition du consultant par l’entreprise cliente ;
  • la responsabilitĂ© de l’entreprise cliente en termes de conditions d’exĂ©cution du travail du salariĂ© portĂ© (santĂ©, sĂ©curité…) dans ses bureaux ou sur son site.

Remise du contrat

Une fois le contrat conclu, la société de portage doit le remettre au salarié porté au plus tard 2 jours – ouvrables – à compter du premier jour de travail.

​Renouvellement du CDD

Le CDD en portage salarial peut être renouvelé une seule fois pour une durée déterminée. La durée totale du contrat ne peut dépasser 18 mois, conformément aux dispositions de l’article L. 1254-12. Toutefois, l’article L. 1254-13 introduit une dérogation en autorisant la prolongation de trois mois au maximum du terme du contrat afin de permettre au consultant porté de décrocher de nouvelles missions. Ce report doit être convenu expressément entre la société de portage et le salarié porté. Un avenant est établi pour formaliser les modalités du renouvellement.

Rupture du CDD

En principe, au moment de la conclusion du CDD, la société de portage salarial et le consultant fixent une date précise de fin de contrat. Celui-ci correspond généralement au terme de la réalisation de la prestation auprès de l’entreprise cliente. Toutefois, la rupture anticipée du contrat est possible dans les cas suivants :

  • pour faute grave ;
  • pour cas de force majeure ;
  • pour inaptitude au travail constatĂ©e par le mĂ©decin du travail ;
  • d’un commun accord ;
  • suite Ă  la signature d’un CDI par le salariĂ© portĂ© avec une autre entreprise. Il doit alors respecter un prĂ©avis d’une durĂ©e limitĂ©e Ă  deux semaines. Le non-respect de cette disposition autorise la sociĂ©tĂ© de portage salarial Ă  lui rĂ©clamer des dommages et intĂ©rĂŞts correspondant au prĂ©judice subi.

Droits en fin de CDD

Le travailleur en portage salarial a droit à une prime de précarité à la fin de sa mission en CDD et en fonction de nombre de jours travaillés, peut prétendre à l’ouverture de droits à l’assurance-chômage.