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Le cumul emploi-retraite permet à un retraité de poursuivre ou de reprendre une activité professionnelle tout en percevant sa pension de retraite. Longtemps réservé à certaines situations, ce dispositif s’est largement développé ces dernières années sous l’effet du vieillissement de la population, des tensions de recrutement et de la volonté de nombreux seniors de rester actifs. Parmi les différentes formes d’activité possibles après la retraite, le portage offre l’autonomie du travail indépendant tout en conservant le statut de salarié et la protection sociale associée. 

Toutefois, le cadre réglementaire du cumul emploi-retraite évoluera à partir du 1er janvier 2027. Quel sera l’impact sur le portage ? 

Le cumul emploi-retraite : principe et fonctionnement 

Le cumul emploi-retraite (CER) permet de percevoir simultanément une pension de retraite et des revenus issus d’une activité professionnelle. 

Jusqu’à fin 2026, deux régimes coexistent : 

Le cumul intégral 

Le cumul intégral autorise le retraité à percevoir sans limitation de montant ses pensions de retraite et ses revenus professionnels. 

Pour en bénéficier, plusieurs conditions doivent être réunies : 

  • avoir liquidé l’ensemble de ses retraites obligatoires ; 
  • bénéficier d’une retraite à taux plein ; 
  • ou avoir atteint l’âge du taux plein automatique (67 ans). 

Dans ce cadre, aucun plafond de revenus n’est appliqué. 

Le cumul plafonné 

Lorsque les conditions du cumul intégral ne sont pas remplies, le retraité relève du cumul plafonné. 

Dans ce cas, les revenus d’activité et les pensions ne doivent pas dépasser certains seuils réglementaires. En cas de dépassement, une réduction ou une suspension partielle de la pension peut être appliquée. 

Pourquoi le portage salarial séduit les retraités ?

Le portage salarial constitue une forme d’emploi hybride permettant à un consultant de réaliser des missions pour des clients tout en bénéficiant d’un contrat de travail avec une société de portage. 

Grâce au portage, le retraité peut poursuivre son activité sans créer d’entreprise ni assumer les contraintes administratives et comptables. Il peut ainsi se consacrer pleinement à ses missions. 

Le maintien du statut de salarié 

Contrairement à l’autoentrepreneuriat ou à d’autres formes d’indépendance, le consultant porté conserve un statut de salarié. 

Il bénéficie notamment : 

  • d’une couverture sociale complète ; 
  • de l’assurance responsabilité civile professionnelle ; 
  • d’un accompagnement administratif et juridique. 

Une grande flexibilité 

Le portage salarial permet d’adapter librement son volume d’activité en fonction de ses objectifs personnels, de son rythme de vie ou de ses revenus souhaités. 

Cette souplesse répond parfaitement aux attentes de nombreux jeunes retraités qui souhaitent poursuivre une activité sans contraintes excessives. 

Les spécificités du cumul emploi-retraite en portage salarial

D’un point de vue réglementaire, les revenus perçus en portage salarial sont considérés comme des revenus salariés. 

Les règles applicables sont donc celles du cumul emploi-retraite des salariés. 

Cotisations sociales et retraite 

Le salarié porté continue de cotiser aux différents régimes sociaux. 

Depuis la réforme des retraites de 2023, les personnes bénéficiant d’un cumul emploi-retraite intégral peuvent acquérir de nouveaux droits à retraite ouvrant droit à une seconde pension, sous certaines conditions. Cette seconde pension reste toutefois plafonnée et obéit à des règles spécifiques. 

Le respect des conditions de cumul 

Le consultant en portage salarial doit veiller à respecter les règles applicables à son régime de cumul emploi-retraite.  

Dans le cadre d’un cumul intégral, il peut percevoir ses revenus d’activité sans limitation particulière. En revanche, lorsqu’il relève du cumul plafonné, il doit surveiller le montant de sa rémunération afin de ne pas dépasser les seuils fixés par la réglementation. Pour sécuriser sa situation, il peut s’appuyer sur l’accompagnement de la société de portage, qui l’aide à vérifier le respect des conditions de cumul et à anticiper d’éventuelles incidences sur sa pension. 

La question du délai de reprise d’activité 

Selon les situations, notamment en cas de reprise d’activité auprès de l’ancien employeur, certaines règles de délai peuvent s’appliquer avant la reprise effective d’une activité rémunérée. 

Ce qui va changer avec la réforme de 2027

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 modifie en profondeur le dispositif à compter du 1er janvier 2027. Les nouveaux retraités seront soumis à un système reposant davantage sur l’âge que sur la distinction actuelle entre cumul intégral et cumul plafonné. 

Une logique centrée sur l’âge

Selon les dispositions annoncées : 

  • avant 67 ans, les possibilités de cumul seront davantage encadrées ; 
  • à partir de 67 ans, le cumul redeviendra largement libre ; 
  • les personnes ayant liquidé leur retraite avant le 31 décembre 2026 conserveraient les règles actuelles. 

L’objectif affiché est de limiter les effets d’aubaine relevés par plusieurs rapports et d’encourager la poursuite d’activité avant la liquidation définitive des droits à retraite. 

Un enjeu d’anticipation pour les futurs retraités

Pour les cadres, experts et consultants envisageant une activité en portage salarial après leur départ à la retraite, la date de liquidation des droits devient un élément stratégique. 

Selon leur situation personnelle, certains futurs retraités pourraient avoir intérêt à étudier les conséquences d’un départ avant ou après l’entrée en vigueur des nouvelles règles. 

Le portage salarial : une solution toujours pertinente après 2027

Le portage salarial permet notamment aux consultants seniors de transmettre leur savoir-faire à des entreprises à la recherche d’une expertise ponctuelle, tout en bénéficiant d’un complément de revenus et d’un cadre juridique sécurisé. 

Malgré le durcissement annoncé du cumul emploi-retraite, le portage salarial continuera de concilier performance économique et liberté professionnelle au-delà de 2027.