63 % des femmes et 59 % des hommes constatent des difficultés de conciliation entre vie professionnelle et responsabilités familiales, selon une étude de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). La parentalité transforme ainsi profondément le rapport au travail des salariés et des indépendants.

Avec la naissance d’un enfant et l’évolution des priorités qui en découle, de nombreux actifs remettent en cause les modèles professionnels traditionnels. Horaires rigides, contraintes organisationnelles et pression constante compliquent l’équilibre entre parentalité et carrière. 77 % des parents qualifient ainsi cette recherche d’harmonie de “parcours du combattant” dans une étude réalisée par Boson Project en 2023.

Le portage salarial apparaît alors comme l’une des solutions permettant aux parents de préserver leur autonomie tout en bénéficiant d’un cadre sécurisé. Entre statut de salarié, protection sociale et liberté d’organisation, ce modèle répond aux enjeux liés à la parentalité. ITG vous explique.

Parentalité et travail : des contraintes fortes

Pour beaucoup de parents, l’arrivée d’un ou plusieurs enfants bouleverse l’organisation du travail. Horaires fixes, réunions tardives, temps de transport important ou imprévus liés à la garde d’un enfant rendent le quotidien difficile à gérer.

Malgré les évolutions du droit du travail, de nombreux salariés peinent encore à adapter leur activité professionnelle aux réalités familiales, notamment chez les femmes. Pour 60 % d’entre elles, la combinaison des facteurs professionnels et familiaux entraîne ainsi une charge mentale additionnelle, selon Capterra.

Bien qu’encadrés par la loi, le congé maternité et le congé paternité des salariés restent parfois source d’inquiétude, notamment en matière de maintien de salaire, de reprise d’activité ou d’évolution de carrière. D’une durée de 16 semaines pour la mère et de 25 jours pour le père, leur impact sur l’organisation professionnelle est réel, tant pour le parent que pour l’entreprise.

Cette pression est d’autant plus forte que les parents doivent jongler entre obligations professionnelles, horaires scolaires, maladies infantiles et périodes d’arrêt imprévues. Pour cette raison, certaines femmes se tournent vers le travail à temps partiel. Plus nombreuses que les hommes à choisir cette option, elles vivent encore la maternité comme un frein à leur carrière, selon l’Anact (Agence pour l’amélioration des conditions de travail).

Pourquoi les parents se tournent-ils vers le freelancing ?

Face à ces contraintes, certains parents envisagent l’indépendance comme une solution pour reprendre la main sur leur organisation. Travailler en freelance permet de choisir ses horaires, de moduler son activité selon les besoins familiaux et d’adapter son rythme de travail à chaque étape de la parentalité.

Cette flexibilité séduit les parents souhaitant consacrer plus de temps à leurs enfants, sans pour autant renoncer à leur carrière professionnelle. Le choix des clients, des missions et du volume de travail offre alors une liberté précieuse pour construire un quotidien plus équilibré.

Cependant, le statut d’indépendant présente aussi des limites. Les freelances, notamment s’ils choisissent le régime de la micro-entreprise, doivent composer avec les risques financiers, la gestion administrative, l’absence de salaire garanti et une protection sociale réduite. En cas d’arrêt de travail, de congé maternité ou de congé paternité, les indemnités journalières peuvent être faibles ou insuffisantes pour assurer la sécurité financière du foyer.

Le portage salarial : un cadre sécurisant pour les parents

Le portage salarial constitue une alternative entre salariat et freelancing. Ce statut repose sur une relation tripartite entre le consultant, l’entreprise cliente et la société de portage salarial. Le professionnel développe son activité, trouve ses clients et négocie ses missions, tandis que la société de portage encadre la relation sur le plan administratif, contractuel et social.

Le salarié porté signe un contrat de travail avec la société de portage, souvent en CDI (Contrat à Durée Indéterminée). Il se verse un salaire mensuel, calculé à partir de son chiffre d’affaires. Ce cadre rassurant permet aux parents de conserver une autonomie professionnelle tout en sécurisant leur situation familiale, en disposant du même statut qu’un salarié classique.

Parentalité et protection sociale en portage salarial

Pour les parents, l’un des principaux avantages du portage salarial réside dans la protection sociale associée au statut de salarié. Contrairement aux freelances, les salariés portés bénéficient du régime général de la sécurité sociale.

En cas de congé maternité ou de congé paternité, le parent peut ainsi percevoir des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, sous réserve de remplir les conditions d’activité et de cotisation. Ces indemnités sont calculées sur la base du salaire.

À partir de juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance sera également mis en place en France, afin de renforcer l’équilibre entre vie professionnelle et familiale, mais aussi pour instaurer une plus grande égalité entre les femmes et les hommes. D’une durée maximale de deux mois, ce nouveau congé parental pourra être pris par chaque parent en s’ajoutant aux congés maternité ou paternité. En portage salarial, ce droit s’applique de la même manière qu’aux autres salariés : le montant de l’indemnité versée s’élève à 70 % du salaire net le premier mois, puis à 60 % le second.

Le portage salarial permet également de bénéficier des droits liés aux arrêts maladie. En outre, le salarié porté cotise pour la retraite et l’assurance chômage. En cas d’arrêt de l’activité ou de fin de mission, il peut, sous conditions, bénéficier d’une indemnité chômage, un droit inexistant pour les indépendants.

Quels types de profils sont-ils le plus adaptés au portage salarial ?

Le portage salarial s’adresse particulièrement aux parents exerçant des prestations intellectuelles ou de services auprès des entreprises : consultants, formateurs, experts IT, professionnels du conseil, de la communication ou des ressources humaines.

Il convient aussi bien aux parents salariés souhaitant tester une nouvelle organisation du travail qu’aux freelances recherchant davantage de sécurité. Les parents en retour de congé maternité ou paternité y trouvent un cadre souple pour reprendre progressivement leur activité tout en ajustant leurs horaires et leur charge de travail.

Ce statut est également adapté aux parents souhaitant conserver une activité professionnelle tout en limitant la charge mentale liée à la gestion administrative. La société de portage prend notamment en charge les déclarations sociales et la paie, pour que le parent puisse se concentrer sur ses missions et sa vie familiale.

En conciliant liberté dans l’organisation du travail et sécurité du statut de salarié, le portage salarial permet ainsi aux parents de construire une carrière compatible avec les exigences de la vie familiale.