Chute inédite du commerce extérieur chinois en octobre et novembre

La politique sanitaire stricte contre le Covid pénalise l’économie chinoise. En octobre et novembre, aussi bien ses exportations que ses importations ont chuté pour la première fois depuis le premier semestre 2020. Face à la menace de récession mondiale, la plupart des économistes jugent irréalistes ses objectifs de croissance à 5,5 % pour 2022.

Des exportations en chute pour la première fois depuis 2020

La sévérité de Pékin concernant le Covid génère des incertitudes et freine l’activité et la consommation. Malgré ces difficultés, le pays était parvenu à maintenir ses ventes à l’étranger à un niveau élevé ces derniers mois. La tendance s’est néanmoins inversée en octobre et en novembre. Selon les statistiques des douanes chinoises pour novembre 2022,

Les exportations ont chuté à 296 milliards de dollars, soit -8,7 % sur un an.

Une telle situation n’avait pas été observée depuis février 2020, lorsque la pandémie avait entraîné la fermeture de la plupart des usines et des grands ports.

Cette dégringolade inédite est d’autant plus pénalisante pour la Chine que la période octobre-novembre est traditionnellement la plus faste de l’année pour les exportateurs. En effet, c’est le moment où sont expédiées à travers le monde les marchandises destinées aux fêtes de fin d’année.

Autre preuve de la passe difficile que traverse l’économie chinoise, l’industrie manufacturière s’affiche en net ralentissement sur deux mois consécutifs. Selon le Bureau national des statistiques,

L’indice des directeurs d’achat (PMI) est tombé successivement à 49,2 en octobre puis 48 points en novembre, en dessous des 49 points anticipés par l’agence Bloomberg.

Or, un niveau inférieur à 50 pour cet indicateur de la bonne santé de la production industrielle est signe de baisse de l’activité.

Les importations également affectées par la baisse de la demande intérieure

Le décrochage de la demande mondiale est attribué principalement au risque de récession des deux côtés de l’Atlantique, ainsi qu’à la cherté de l’énergie.

Certains experts évoquent en outre une consommation intérieure en berne en raison des perturbations relatives au Covid (confinements, restrictions de déplacements) et à la crise de l’immobilier.

La situation sanitaire impacte d’ailleurs également les importations, qui s’établissent à milliards de dollars, en repli de 10,6 % sur un an après -0,7 % sur un an en octobre.

C’est le dévissage le plus marqué des achats chinois de produits étrangers depuis mai 2020.

La conséquence est une diminution de l’excédent commercial de la Chine avec le reste du monde à 69,84 milliards de dollars en novembre, nettement en dessous de son niveau habituel. Or, le commerce extérieur a été le pilier de l’économie du géant asiatique ces dernières années.

Risque de poursuite de la baisse du commerce extérieur en 2023

 Pour 2023, les exportations de la Chine ne devraient pas remonter, voire s’affaiblir,

D’après de nombreux économistes, à moins d’un assouplissement de la politique sanitaire. Des manifestations de colère se sont d’ailleurs multipliées à travers le pays le mois dernier sur ce sujet. La demande intérieure sera d’ailleurs le moteur de la reprise, le temps d’une réouverture du pays et face à la menace de décélération de la demande internationale.

Les analystes du cabinet Capital Economics n’anticipent de rebond de la demande intérieure que durant la deuxième moitié de l’année ». D’ores et déjà, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué

Prévoir une revue de ses prévisions à la baisse, sachant qu’il tablait sur 3,2 % pour 2022 et 4,4 % pour 2023.

Au troisième trimestre 2022, la Chine avait signé sa pire performance depuis 2020 à 0,4 %, contre 3,9 % au cours du printemps.

Faute de pouvoir travailler sous le statut de salarié dans les entreprises chinoises, de nombreux experts étrangers optent pour la consultance à distance. Le portage salarial garantit à ces indépendants un minimum de sécurité, notamment sur le plan social. Portage salarial et chômage sont en effet liés en plus de l’assurance maladie, la prévoyance et les cotisations à la retraite.

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